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samedi 5 janvier 2019

[Martin Servaz] Nuit - Bernard Minier




Nuit de tempête en mer du Nord. Secoué par des vents violents, l'hélicoptère dépose Kirsten Nigaard sur la plate-forme pétrolière. L'inspectrice norvégienne enquête sur le meurtre d'une technicienne Cde la base off-shore. 
Un homme manque à l'appel. En fouillant sa cabine, Kirsten découvre une série de photos. Quelques jours plus tard, elle est dans le bureau de Martin Servaz. 
L'absent s'appelle Julian Hirtmann, le tueur retors et insaisissable que le policier poursuit depuis des années. Étrangement, sur plusieurs clichés, Martin Servaz apparaît. Suivi, épié. 
Kirsten lui tend alors une autre photo. Celle d'un enfant. 
Au dos, juste un prénom : GUSTAV
Pour Kirsten et Martin, c'est le début d'un voyage terrifiant. Avec, au bout de la nuit, le plus redoutable des ennemis.



MON AVIS

Cette enquête de Martin Servaz représentait pour moi l'affrontement final entre Martin Servaz et Julian Hirtman. Qui du chien de berger ou loup sanguinaire va l'emporter ?

Je voudrais déjà commencer par la couverture de Nuit de Bernard Minier. Admirez moi la beauté de cette image qui représente tellement bien le côté sombre de l'intrigue, l'aspect oppressant des ombres et le danger qui entoure les protagonistes. Je ne sais pas vous, mais j'ai toujours l'impression de voir le sourire du chat du Cheschire dans l'éclairage froid des phares de voiture. A frissonner.

L'intrigue de base, le retour de Julian Hirtman, est addictif. Adversaire retord, qui possède toujours 3 ou 5 coups d'avance, je me suis demandée ce qu'il réservait à ce pauvre Martin qui en a déjà bien bavé. 

L'arrivée étrange de Kirsten donne aussi le ton: ce roman sera dur et violent. Elle souffle aussi un vent de renouveau. Un nouveau personnage féminin, très différent d'Irène ou de Samira, venant d'un pays d'ailleurs, et surtout très difficile à cerner malgré les passages de son point de vue.

L'histoire est addictive: c'est un véritable page turner. J'ai dévoré ce roman de 600 pages en deux soirées seulement, sans rien sacrifier de mon sommeil. Chaque chapitre apporte son lot de surprises. Des choses que l'on attendait ne se produisent pas et d'autres se produisent.

Le seul bémol, c'est que certains ressorts ont déjà été utilisés et j'ai eu cette impression de déjà vu plusieurs fois dans le roman, ce qui était vraiment regrettable. *je lis peut-être trop de romans policiers et thriller* Cela a un peu gâché ma lecture et je le regrette... l'impression globale de ma lecture en a un peu pâti et j'ai préféré ces romans précédents

Par contre, le mystère est toujours aussi tordu, fort et complexe. L'oppression de la montagne et de la traque d'un serial killer est parfaitement retranscrite. J'adore.

La fin est un peu plus en demie teinte... J'aurais aimé en savoir encore plus sur certains personnages récurrents ou non. J'ai eu un sentiment de déception que je ne pourrais pas plus décrire mais qui vient sans doute des éléments que j'ai pu citer avant.

En bref, une fin correcte pour Martin Servaz et Julian Hirtman, même s'il me semble que Bernard Minier poursuit l'histoire de son enquêteur favori avec d'autres romans.


Le ↗ : Une intrigue bien ficelée et le développement des personnages

Le ↘ : Peut-être un peu long par moment


MA NOTE



Dans la même série
[Martin Servaz] Glacé
[Martin Servaz] Le Cercle
[Martin Servaz] N'éteins pas la lumière
[Martin Servaz] Nuit
[Martin Servaz] Soeurs

dimanche 2 décembre 2018

Le 5ème règne - Maxime Chattam




Ils auraient dû se méfier. 
Respecter le couvre-feu instauré depuis le meurtre du jeune Tommy Harper, retrouvé étranglé près de la voie ferrée. 
Reposer ce vieux grimoire poussiéreux tant qu'il était encore temps. 
Et surtout... ne pas en tourner les pages.
À présent, Sean le rêveur et sa bande vont devoir affronter le Mal absolu : à Edgecombe, petite ville tranquille de Nouvelle-Angleterre, les éléments se déchaînent, de nouveaux adolescents disparaissent et de mystérieux hommes au charisme effrayant font leur apparition... Et si ce livre maudit détenait la clé du plus effroyable mystère de l'humanité ?




MON AVIS

J'ai tout d'abord commencé Le 5ème règne en plein été. Et puis j'ai vite senti que ça n'allait pas le faire. Comme beaucoup de gens, je dors la fenêtre entre-ouverte pour faire entrer l'air frais la nuit, et pour lire ce roman, j'allais avoir besoin d'avoir les fenêtres fermées, barricadées à double tour, cachée sous une couette, aucune jambe ne dépensant, histoire que le monstre sous le lit ne la gobe pas !

L'ambiance est posée. 

Même au bout de 60 pages je sentais que ce roman allait me mettre mal à l'aise, à la limite de l'horreur et du cauchemar. Car la force de Maxime Chattam c'est d'imaginer des situations réelles teintées ésotérisme, de fantastique et d'étrange qui rendent cette part mystérieuse de la vie très réelle.

L'angoisse absolue.

Je l'ai donc reposé et l'ai repris début Septembre quand l'air s'est rafraîchit et les fenêtres se sont refermées. *#mavieestpassionnante*  Tout de suite, je me suis sentie plus en sécurité et plus à même de lutter contre l'Ogre de l'Est qui sévit dans la région d'Edgecombe.

J'ai été vraiment surprise par la tournure que prenait Le 5ème règne: thriller fantastique pleinement assumé, Maxime Chattam innove. Je le découvre dans un nouveau genre. J'avais été habituée aux histoires sombres, malveillantes et machiavélique *âme sensible s'abstenir* de sa Trilogie du Mal et de la saga Ludivine Vancker, mais ici il repousse les limites de l'entendement. C'est un réel bonheur, teinté d'angoisse, de découvrir un auteur qui manie les styles et les genres avec une telle facilité.

On suit des adolescents qui, au milieu d'étranges meurtres, découvrent un livre tout aussi étrange, qui semble liés aux événements qui se passent dans leur petite ville. Ils ne comprennent pas ce qu'il se passe, ce qu'ils ont potentiellement déclenché, et se retrouvent plonger dans cette aventure, ou mésaventure, bon gré, mal gré, et décident de mener l'enquête pour essayer de saisir l'insaisissable.

J'ai parfois eu l'impression d'être dans un mélange entre E.T et Stranger Things. Je l'avoue ça peut être détonant. J'ai pu voir que cela se rapprochait beaucoup de Stephen King, mais comme le seul roman que j'ai lu de lui était La ligne verte et que je n'ai pas été emballé plus que ça... je ne peux pas vraiment dire.

L'auteur d'ailleurs ne protège pas ces enfants. Combien de fois, j'ai pu murmurer à ces jeunes de ne pas aller où allaient, de ne pas faire ce qu'ils comptaient faire... comme devant n'importe quel film d'épouvante ! Je ne me considérais pas comme une personne sensible... je remets mon jugement en doute. Maxime Chattam ne prend pas de gants non plus.

Il prend des risques.  Le résultat ? Le roman ressemble à la "vraie vie": des personnages peureux qui montrent des prouesses de courage, des personnages courageux dont les résultats ne sont pas au rendez-vous, des personnages qui échouent, des personnages qui pleurent, qui montrent leur vulnérabilité, leur faiblesse, se relèvent, et persévèrent. Tous les protagonistes principaux sont intéressants et démontrent une réelle personnalité. Qu'est ce que je les ai aimés !

Les personnages secondaires et autres antagonistes ne sont pas en reste. Ils entrent en scène, disparaissent, reviennent. On ne sait pas trop à quoi s'attendre ! Et l'Ogre est tout bonnement effrayant.

Maxime Chattam nous fait nous questionner sur l'entendement que nous avons de notre monde, ce que nous en comprenons et nos limites. Finalement, la science n'est qu'une magie expliquée.

En bref, j'ai été époustouflée par la direction que prend l'auteur dans ce roman. Il l'avait très légèrement explorée dans ces autres thrillers sans l'exploiter à fond. C'est une véritable réussite. Thriller, ésotérisme, fantastique... le tout mêlés à une seule histoire.  Pour les fans des mélanges et du thriller.


Le ↗ : Il fait peur, questionne notre sens de la rationalité et c'est tout simplement jouissif

Le ↘ : /



MA NOTE



dimanche 21 octobre 2018

Le Mystère Fulcanelli - Henri Loevenbruck


Un meurtre dans une vieille église de Séville.
Un assassinat dans une bibliothèque parisienne.
Un ancien manuscrit dérobé.
Et voilà que surgit de nouveau le nom du plus mystérieux alchimiste du XXème siècle: Fulcanelli!

Depuis près de cent ans, chercheurs et historiens tentent de découvrir qui se cachait derrière cet énigmatique pseudonyme.
En acceptant de mener l'enquête, Ari Mackenzie, ancien commandant des services secrets, fait une plongée vertigineuse dans les milieux ésotéristes du siècle dernier. Parviendra-t-il à dénouer la plus étonnante intrigue de l'histoire de l'alchimie ?





MON AVIS

Je suis une personne comme ça oui: je commence une trilogie par la fin. Oui, oui ! Il s'agit bien du dernier volume de la saga Ari Mackenzie. Et cela ne m'a absolument pas dérangé ! J'ai bien sûr vite compris qu'il me manquait quelques pièces du puzzle pour vraiment appréhender les relations interpersonnelles entre les personnages mais rien de bien grave pour la bonne compréhension de l'histoire ;)

Je vais commencer par la trame de fond: un meurtre, puis deux meurtres et un mystère qui remonte à près d'un siècle. Qui sont les meurtriers qui ont tué en la France et l'Espagne ? Quel est le rapport avec le célèbre écrivain Fulcanelli, écrivain ésotérique et mystérieux. Telle une chasse au trésor, on se lance dans enquête effrénée et documentée, aux côtés d'anciens flics, pour résoudre ces deux mystères.

Une de mes parties préférées concerne toute la partie explicative de recherches et de déductions sur Fulcanelli et qui se cache réellement sous se pseudo ? Les dossiers prennent un peu de place, coupant le rythme, mais sont très riches et raviront les personnes les plus intéressées. On sent que l'auteur a bossé son sujet à fond et offre ses propres conclusions à son lecteur: un très beau cadeau.

Sinon j'ai trouvé le rythme globalement lent et long. Dans l'ensemble, l'histoire prend du temps pour s'installer. L'action peut parfois un peu tarder, au profit de la mise en place des éléments et des faits historiques.

Bon par contre, la résolution est ultra rapide et tombe comme un cheveu sur la soupe. C'était quasi impossible à deviner. Du coup, j'ai plutôt été déçue par cette fin.

En bref, un thriller sympathique, qui devient réellement passionnant si l'on s'intéresse et souhaite en savoir plus sur l'ésotérisme et plus particulièrement l'ésotérisme moderne. Je lirai les précédents tome à l'occasion.



Le ↗ : L'intrigue historique est captivante...

Le ↘ : ... mais peut casser le rythme et déranger le bon déroulement du roman



MA NOTE



Dans la même série
[Ari Mackenzie] Le rasoir d'Ockham
[Ari Mackenzie] Les cathédrales du vide
[Ari Mackenzie] Le mystère Fulcanelli


samedi 6 octobre 2018

[Saga Adamsberg] L'Homme à l'envers - Fred Vargas





Réintroduire des loups dans le Mercantour, c’était une belle idée. Évidemment, on n’a pas tenu compte de l’opinion des bergers et, quelques mois plus tard, la révolte gronde. Mais est-ce bien un loup qui tue les brebis autour de Saint-Victor ? Les superstitions resurgissent, un bruit se propage : ce n’est pas une bête, c’est un homme, un loup-garou. Lorsque Suzanne est retrouvée égorgée, la rumeur devient certitude : les loups n’agressent pas les hommes. À Paris, devant sa télé, le commissaire Adamsberg guette les nouvelles de la Bête du Mercantour, d’autant plus intrigué qu’il a cru reconnaître Camille sur la place de Saint-Victor...




MON AVIS

En ce moment, fleurissent de tout côté des boîtes à lire, des espaces de lecture etc. tout pour ravir le petit cœur fragile des lecteurs. C'est comme ça que j'ai découvert la bibliothèque participative de ma salle de sport dans lequel on trouve une belle sélection. D'où ma découverte de L'Homme à l'envers de Fred Vargas.

Je connaissais Fred Vargas de loin sans n'avoir jamais rien lu de cette autrice française pourtant réputée. Et hop, je me suis lancée ! 

Un peu perdue au début par rapport à certains personnages qui semblaient se connaître, c'est seulement à la fin que je me suis rendue compte qu'il s'agissait d'un 2nd tome *xD* Mais cela ne gêne pas du tout la compréhension de l'intrigue et de l'histoire.

L'intrigue se fonde sur le mythe du loup-garou - à vous de découvrir comme l'homme à l'envers est lié au loup-garou ;) Le loup est réellement intégré à l'histoire et reprend la place mystique et mythique que nos ancêtres lui conférait : le grand méchant de loup est de retour. Ayez peur et restez bien à l'abri dans vos maisons de briques. C'est un ressort parfait pour une intrigue policière.

Le rythme quant à lui est plutôt lent et mou. Une représentation parfaite de la chaleur et de la torpeur qui se sont abattues dans le Sud de la France pendant la saison meurtrière. Cela ne m'a pas trop dérangée tant l'intrigue est bien menée. Fred Vargas nous tient en haleine et nous mène en bateau. Je ne savais pas où elle voulait m'emmener avant d'arriver aux derniers chapitres.

Le commissaire Adamsberg est pour moi une découverte. Un personnage en or que j'avais envie de chouchouter et surtout de rencontrer pour le comprendre et percer le mystère autour de lui. Le Veilleux est également un personnage incontournable de ce roman, sans lui, pas d'histoire !

Malgré tout cela, je ne me suis pas sentie plus emballée que ça par l'histoire globale, mais je n'arrive pas vraiment à mettre le doigt dessus. Il s'agit plutôt de tous les petits détails accumulés qui font que j'en ressors avec un avis mitigé. Plus la non-addiction ressentie. Ça joue beaucoup !

Des critiques que j'ai pu lire jusqu'à maintenant, il en ressort que ce n'est pas le meilleur de l'autrice, cela me donne envie de découvrir d'autres romans de Fred Vargas. Dans tous les cas, une histoire agréable que je suis heureuse d'avoir pu découvrir. Les boîtes à lire sont de bonnes occasions pour découvrir de nouveaux romans :)


Le ↗ : La mythologie qui crée l'intrigue

Le ↘ : Le rythme lent reproduisant la torpeur de l'été



MA NOTE



Dans la même série
[Adamsberg] L'homme aux cercles bleus
[Adamsberg] L'homme à l'envers
[Adamsberg] Pars vite et reviens tard
[Adamsberg] Sous les vents de Neptune
[Adamsberg] Dans les bois éternels
[Adamsberg] Un lieu incertain
[Adamsberg] L'Armée furieuse
[Adamsberg] Temps glaciaires
[Adamsberg] Quand sort la recluse
[Adamsberg] Coule la Seine

dimanche 30 septembre 2018

[Ludivine Vancker] La Conjuration Primitive - Maxime Chattam




Et si seul le mal pouvait combattre le mal ?

Les enquêteurs les surnomment La Bête et Le Fantôme...  Les meurtres qu'ils commettent ne se ressemblent pas, leur sauvagerie est comparable. Et que penser de cette mystérieuse signaure commune - *e - qui écarte la piste de serial killers isolés ? Les tueurs se connaissent-ils ?

Mais bientôt, La Bête et Le Fantôme ne sont plus seuls. Les crimes atroces se multiplient, d'abord en France, puis à travers l'Europe tout entière. La prédation à l'état brut. Une compétition dans l'horreur...

Pour tenter d'enrayer cette épidémie, et essayer de comprendre: une brigade pas tout à fait comme les autres, épaulée par un célèbre profiler.






MON AVIS


J'ai retrouvé avec plaisir le style si propre à l'auteur. Un mélange de réflexion psychopathologique, prenante et captivante faisant froid dans le dos, et emprunt en même temps de mysticisme.


Comme je l'ai dit, on suit une intrigue jalonnée de mysticisme démoniaque, d'horreur et de macabre. Un tableau que Maxime Chattam connaît bien, qu'il manie avec brio et talent. Il manie d'une main de maître les retournements de situation, les révélations, jouant avec nous et contre nous, et qui m'a rappelé pour plus d'une raison ce que j'avais tant aimé dans L'âme du Mal. Sans pour autant avoir une impression de déjà vu. Je dirais qu'il s'agit plutôt d'une impression de reconnaissance d'un mécanisme que l'on retrouve avec plaisir et qui fonctionne bien.

Si le mécanisme est familier, car propre à Maxime Chattam, il faut parler de l'intrigue en elle-même qui est juste Wahouuu ! Comment dire ? On suit les enquêteurs, les personnages principaux, les relations qui se nouent entre eux, on suit leurs états d'âme, le quotidien de ces gens qui vivent ce genre de situation, pas de manière quotidienne, mais qui sont confrontés à autant de violence régulièrement. On les suit tout en conservant une certaine pudeur qui nous permet de nous attacher à eux, de s'identifier et de les aimer.

On est loin de cette image de "super-cop" sans peur et tout en héroïsme habitués aux confrontations macabres, que l'on retrouve souvent. Coucou les séries américaines !


D'ailleurs Maxime Chattam ne leur refuse rien et leur font vivre beaucoup. Il ne ménage ni ses protagonistes ni ses lecteurs, n'hésitant pas à aller au bout de ses idées et de ses actes. Il n'y a pas de demies mesures. Ce qui renforce le réalisme de l'histoire.

Au fur et à mesure, l'intrigue s'épaissit, et à l'horreur de la gendarmerie et du lecteur, le mystère se compliquent, les meurtres prennent une nouvelle dimension.


Là où je l'ai également trouvé très bon, c'est qu'il mêle ce soupçon d'histoire avec un grand H qui vient parfaitement se fondre dans la trame policière et ancrant le roman dans le réel.

Il nous offre une fin qui se déroule vite mais en une apothéose époustouflante que je n'avais vraiment pas vu venir, mais dont en toute honnêteté m'a semblé logique, et qui m'a d'autant plus ravi par ses révélations.


Maxime Chattam possède un sens du détail et de la précision, "ce-je-ne-sais-quoi", un détail par-ci par-là, qui rend le livre tout de suite plus crédible.



Ex: Bouygues et les opérateurs de téléphonie mobile, je ne révèle rien de plus, à vous de découvrir ce petit détail qui tue ;)




Le ↗ : Un thriller mystique qui révèle le talent de Maxime Chattam pour une intrigue entraînante et prenante

Le ↘ : /



MA NOTE

 


Dans la même série
[Ludivine Vancker] La conjuration primitive
[Ludivine Vancker] La patience du diable
[Ludivine Vancker] L'appel du néant

mardi 11 septembre 2018

[Le puits des mémoires] Le Fils de la Lune & Les Terres de Cristal - Gabriel Katz


[le puits des mémoires] Le fils de la lune & les terres de cristal - Gabriel Katz

Fuyant le royaume d’Helion où leur tête est mise à prix, Nils, Karib et Olen s’embarquent pour Woltan, sur les traces de leur identité. Pourquoi ont-ils assassiné le plus puissant roi du monde ? Dans leur quête de la vérité, ils vont découvrir un royaume fascinant, colossal, aux frontières des terres barbares. Mais leurs poursuivants n’ont pas abandonné la traque…

Pour les fugitifs sans mémoire, c’est l’heure des révélations, et de la plongée dans le grand nord, où leur vie ne tient qu’à un fil.





MON AVIS

Etant très en retard sur mes avis de lecture, j'en profite pour faire d'une pierre d'un coup : 2 chroniques pour le prix d'une ! C'est avec un petit pincement au cœur que j'ai entamé ces 2 derniers romans. Le dernier chapitre avant de dire au revoir à ces personnages, leur destin et leur passé. Mais pas pour toujours ! Il parait qu'on retrouve certains personnages dans une saga annexe de Gabriel Katz ;)

Pour faire simple, j'ai adoré ces deux tomes. Le dernier tout particulièrement apporte la résolution presque parfaite de toute l'intrigue ? Pourquoi presque parfaite ? Parce que certaines questions restent en suspens et j'aurais vraiment aimé en savoir plus sur mes personnages favoris... mais ça, c'était peut être trop demandé ! 

Dans ces derniers tomes, l'intrigue se complexifie, s'assombrit pour mon plus grand plaisir. Gabriel Katz prend un malin plaisir à nous tromper et nous détromper et mène bien sa barque.  Et s'il y a des révélations dans le 2nd tome, le 3ème volet n'est pas en reste de surprises. 

Les personnages quant à eux évoluent beaucoup. Ils sont toujours sans aucun souvenirs, mais leurs personnalités restent bien présentes. Au fur et à mesure qu'on en découvre plus sur leur histoire (parce que oui on finira par savoir qui ils sont ! mais comme je chronique 2 livres, personne ne saura quand sont les grandes révélations *niark niark niark*) il est possible de comparer leur personnalité actuelle à leur vie passé. Les changements et les ressemblances. Et c'est purement jouissif, ou même passablement troublant.

C'est là qu'on se rend compte que ce trio est surprenant et parfaitement assorti.

L'univers est toujours aussi bon, bien construit et surprenant. Tout comme Nils, Karib et Olen on le parcourt et on découvre ses bons et ses mauvais côtés.

Je n'ai pas trouvé qu'il y avait de temps mort: l'action s’accélère, le temps est pris pour poser certaines bases puis les révélations nous sautent au visage. J'ai tout simplement adoré et dévoré ces 2 tomes d'une traite.

En bref: je recommande à tous les fans de fantasy !


Le ↗ : Une romance historique toujours ponctuée d'actions et de rebonds

Le ↘ : Toujours le manque de personnages féminins auxquelles j'aurais pu m'identifier




MA NOTE



Dans la même série
[Le puits des mémoires] La Traque
[Le puits des mémoires] Le Fils de la Lune
[Le puits des mémoires] Les Terres de Cristal

mardi 4 septembre 2018

[Souvenirs d'enfance] La Gloire de mon père - Marcel Pagnol

Chronique Marcel Pagnol - La gloire de mon père




Parce que j'ai maintenant des petits-enfants, j'ai souvent envie de raconter des histoires : c'est la fonction naturelle des grands-pères, et peut-être leur plus grand mérite.Le mien me racontait Peau d'Ane, la Belle et la Bête, Riquet à la Houppe... Pour moi, j'ai préféré vous raconter l'enfance d'un petit garçon, qui fut aussi celle de vos grands-pères, et qui n'est peut-être pas très différente de la vôtre, car les petits garçons de tous les pays du monde et de tous les temps ont toujours eu les mêmes problèmes, la même malice, les mêmes amours






MON AVIS

Avec La gloire de mon père de Marcel Pagnol, je continue ma lancée de lecture classique, et française. Après Bel-Ami de Maupassant, je me suis plongée dans les douceurs de l'enfance insouciante et provençale d'un jeune garçon du siècle dernier.

Des fois, je me sens un peu bête. Je pensais que La gloire de mon père de Marcel Pagnol se déroulait aux alentours des années 30 - 40 avant que la Seconde Guerre mondiale n'éclate. Pas du tout: elle se déroule au tout début du XIXème siècle, avant même la Première Guerre mondiale. Une France encore plus ou moins insouciante des horreurs des grandes guerres.

Ce roman est une plongée innocente dans le quotidien d'un enfant de la "campagne". Le ton indolent et simple m'a plongée dans le cœur chaud de la Provence, les vacances et les cigales. C'était une parenthèse de douceur et de simplicité pendant l'été.

Marcel Pagnol y raconte son enfance, entre son père, instituteur, sa mère, couturière, un petit frère et une petite sœur, un oncle et une tante... une jolie famille qui font partie intégrante de ce début de vie. Si la vie du petit Marcel se passe à une époque complètement différente de la notre, son enfance finalement n'est pas si différente.

L'amour des parents, les aventures, les grandes et petites découvertes, s'épanouir et grandir... rythment sa vie. Courir dans les champs, se prélasser au soleil, se retrouver dans les "grands espaces" a fait battre mon cœur. J'ai eu l'impression de retourner en enfance. Et je me suis languie de cette insouciance qui tend à disparaître peu à peu. Les plaisirs simples de la vie me manquent.

Ce n'est pas un page-turner, je ne l'ai pas lu à toute vitesse. J'ai apprécié ma lecture, pris le temps de la savourer et de la lire. C'était doux et agréable: comme une madeleine de Proust.

En bref, La gloire de mon père, est un roman sur l'enfance innocente et gourmande que tout le monde peut apprécier. Marcel Pagnol arrive à retranscrire l'univers si propre à l'enfance avec poésie, sincérité et simplicité. Il y traite des thématiques universelles qui ont su faire écho à mon âme de jeunes adultes à un siècle différent.


Le ↗ : Un retour à l'enfance, douce, chaleureuse et universel

Le ↘ : Si je ne mets pas la note maximale, je ne suis pourtant pas en mesure de dire pourquoi



MA NOTE



Dans la même série
[Souvenirs d'enfance] La gloire de mon père
[Souvenirs d'enfance] Le château de ma mère
[Souvenirs d'enfance] Le temps des secrets
[Souvenirs d'enfance] Le temps des amours

dimanche 3 juin 2018

Le Grand Méchant Renard - Benjamin Renner








Un renard chétif tente de se faire une place de prédateur face à un lapin idiot, un cochon jardinier, un chien paresseux et une poule caractérielle. Il a trouvé une stratégie : il compte voler des œufs, élever les poussins, les effrayer et les manger.







MON AVIS
Le Grand Méchant Renard de Benjamin Renner aux éditions Shampoing est un monumental coup de coeur. Une petite pépite de douceur, d'humour et de bonheur dans un monde de brute.

Quoi de plus intriguant qu'un renard désespéré de manger à sa faim pour une fois, qui vole les 3 œufs d'une maman poule, afin qu'une fois éclos, il puisse les dévorer ! Seul hic ? Ces 3 petits poussins le prennent pour leur maman !

Un imbroglio des plus marrants ! Chaque page est un concentré soit d'humour soit de tendresse. On adore ce petit renard et ses enfants. Le lecteur enchaîne quiproquos sur quiproquos et j'en redemande.

En réalité, c'est une histoire d'amour qui dépasse les différences, tout en offrant une bonne dose d'humour.



Le style du dessin est léger, incisif et tordant. Un vrai régal pour les yeux.

Je ne vais pas aller plus loin pour ne pas spoiler ou enlever le plaisir de la découverte. Je le recommande à 100% pour passer un moment cocon et doux. Une véritable source de bonheur.

Le + : Les personnages, le dessin et l'humour
Le - : /



MA NOTE




LE BONUS DE LA FIN
Un film d'animation que j'ai hâte de découvrir

mercredi 23 mai 2018

[Le puits des mémoires] La Traque - Gabriel Katz

Chronique [Le Puits des Mémoires] La Traque - Gabriel Katz




Trois hommes se réveillent dans les débris d'un chariot accidenté en pleine montagne. Aucun d'eux n'a le moindre souvenir de son nom, de son passé, de la raison pour laquelle il se trouve là, en haillons, dans un pays inconnu. Sur leurs traces, une horde de guerriers, venus de l'autre bout du monde, mettra le royaume à feu et à sang pour les retrouver. Fugitifs, mis à prix, impitoyablement traqués pour une raison mystérieuse, ils vont devoir survivre dans un monde où règnent la violence, les complots et la magie noire.






MON AVIS

J'ai pu lire de nombreux avis positifs au sujet de la trilogie du Puits des mémoires, qui a par ailleurs gagné le prix des imaginales en 2013. Avec un bon d'achat Gibert Joseph et un format poche, je ne prenais pas trop de risque si cette lecture se soldait par un échec...

Et ce ne fut pas le cas. Au contraire ! 

Je me suis fait embarquer dans cette histoire très rapidement. Les premiers chapitres sont peut-être un peu lents à mon goûts, bien qu'il y ait un peu d'action. Cependant, la suite se lit toute seule, sans pause, sans arrière-pensée.

On se plonge dans ce nouvel univers dont on ne connaît rien avec une déconcertante facilité. Bien plus facilement que nos 3 protagonistes, qui ont perdu la mémoire, et qui sont tout aussi démunis que le lecteur dans ce nouveau monde qui ne leur dit rien du tout.

Le monde construit est assez riche pour que le lecteur n'en maîtrise pas (encore) les codes et soit surpris avec chaque chapitre. Impossible de prédire les prochaines actions de chacune des parties prenantes.

Nos personnages à la mémoire défaillante doivent apprendre à se connaître, à se faire confiance, mais surtout à se connaître et peut-être se surprendre eux-même alors même qu'une armée de mercenaires sont à leur trousse. Au fil des pages, on en découvre de plus en plus sur ce pays où mages, mercenaires, rois et courtisans se mélangent aux complots et intrigues géopolitiques.

On comprend vite que Olen, Nils et Karib ne sont pas de simples fugitifs et que les apparences peuvent être trompeuses. Ils se construisent des identités, nouvelles ou pas, on ne sait pas et avec eux, le lecteur essaie de reconstituer le cours de l'histoire.

Ce que j'ai beaucoup apprécié c'est que plus on en apprend sur eux, plus on se demande de quels côtés ils se trouvent. Les pistes sont brouillées et je n'en doute pas, il faudra attendre la fin de l'histoire pour le savoir.

Dans ce roman de Gabriel Katz, tout est fait pour tourner les pages et se jeter sur le suivant. Ce que je n'ai pas fait car j'entends en profiter au max.

Finalement ce qui me gêne le plus dans ce roman est l'absence de personnages féminins importants. Seulement une possède un nom propre, procédé mis en place par l'auteur pour montrer le manque d'importance de certains individus ou leur anonymat. Pour les femmes, on retiendra Oranie, courtisane contre sa volonté, intelligente et maligne mais tomber en émoi quand elle rencontre un certain personnage masculin, et la "Folle" ou "l'hystérique" ie la Reine du royaume où se déroule l'histoire. J'espère qu'elles prendront plus d'ampleur dans la suite de l'histoire ou à défaut que d'autres femmes prendront le relais.

En conclusion, malgré ce bémol, je frôle le coup de cœur et j'ai hâte de pouvoir me plonger dans la suite, déjà commandée mouahaha ! Gabriel Katz est pour moi la première révélation de 2018 avec ce premier roman.


Le ↗ : Des personnages imparfaits, une intrigue bien ficelée qui nous laisse sur notre faim

Le ↘ :  Un univers un peu trop masculin



MA NOTE




Dans la même série
[Le puits des mémoires] La Traque
[Le puits des mémoires] Le fils de la lune
[Le puits des mémoires] Les terres de cristal

dimanche 20 mai 2018

[La Trilogie du Mal] Maléfices - Maxime Chattam



Une ombre inquiétante rôde dans les forêts de l'Oregon. C'est d'abord un employé de l'environnement qui est retrouvé mort, le visage horrifié. Aucune trace du criminel... Dans le même temps, des femmes disparaissent en pleine nuit, pendant le sommeil de leur époux. Pas de trace d'effraction dans les maisons... Et puis se répand une épidémie singulière : les foyers de Portland sont envahis par des araignées aux piqûres mortelles. Les victimes s'accumulent et la psychose s'intensifie. Et s'il n'y avait qu'une seule personne derrière tout cela ?
Un être pas comme les autres. On commence à murmurer le pire : et s'il n'était pas humain ? Joshua Brolin et Annabel O'Donnel vont mener l'enquête, entrer dans la toile et faire face à l'impensable. 
Une nouvelle génération de tueur.




MON AVIS

Ce fut un plaisir de retrouver, pour le dernier tome de la trilogie, la ville où tout a commencé, après un passage à New-York et ses rues sordides animées. Cette fois Joshua Brolin et Annabel O'Donnel sont de retour à Portland, tout comme les autres personnages qui évoluent autour d'eux, ceux que j'avais pu apprécier dans le premier tome, malgré leurs défauts.

Chose promise, chose due. Maxime Chattam nos offre une nouvelle fois un thriller glaçant et angoissant. Effrayant de possible.

On y parle d'araignées, d'enlèvements, de dossiers secrets de l'armée, de serial killer et j'en passe. Une véritable panoplie pour un mystère sombre et tortueux qui m'a retourné le cerveau, et parfois les tripes.

Je peux assurer qu'à 1h du matin en train de lire ce roman seule, lorsque sentant un frôlement sur mon épaule, je ne faisais pas la maligne. J'ai sursauté, poussé un petit cri et vérifié chaque parcelle de mon lit à la recherche d'une petite bête à 8 pattes, pas rassurée du tout.

Le sens du détail de Maxime Chattam rend unique chaque situation. Il passe d'une description médicale et détaillée à une douce poésie qui réveille en nous les émotions recherchée. Chattam décrit à merveille les paysages, parfois glauques, parfois enchanteurs (on tomberait presque amoureux de l'Oregon si ce n'est pour ses psychopathes qui traînent en ville), que des scènes de crimes ou des autopsies.

Les faits scientifiques et/ou historiques sont là pour apporter le réalisme angoissant du thriller. Et ça fonctionne très bien. Peut être même trop bien ;) Je ne pouvais plus reposer mon livre avant d'avoir pu découvrir le coupable et connaître le fin mot de cette histoire. De cette trilogie du Mal.

Les personnages sont hauts en couleur et réalistes. Parfois même torturés, mais surtout attachants, que ce soit le "méchant" ou le "gentil". Comme d'habitude, il n'hésite pas à les pousser au bout, sans relâche et à les faire douter de tout. Ils remettent en question leurs certitudes, doutent, échouent et se trompent. Joshua Brolin, crème des profileurs, est confronté dans cette sordide affaire à ses propres limites et doutes. Autour d'eux, se mélangent subtilement science et paranormal, le talent de l'auteur étant d'amener ses protagonistes, comme son lecteur, à croire en des forces supérieures ou inconnues.

En conclusion c'est l'ensemble de la trilogie qui aura été un coup de cœur.


Le ↗ : le style d'écriture, l'univers , l'intrigue qui va au bout des choses

Le ↘ : Avec le recul, le coup un peu trop répété du "j'ai plus de batterie sur mon téléphone", dans les années 2000 les téléphones étaient plus résistants non ?



MA NOTE

pour ce dernier opus comme pour la trilogie dans son ensemble


Dans la même série:
[La Trilogie du Mal] L'âme du Mal
[La Trilogie du Mal] In Tenebris
[La Trilogie du Mal] Maléfices

dimanche 18 mars 2018

Bel-Ami - Maupassant

Bel-Ami Maupassant

RÉSUMÉ 

Georges Duroy, dit Bel-Ami, est un jeune homme au physique avantageux. Le hasard d'une rencontre le met sur la voie de l'ascension sociale. Malgré sa vulgarité et son ignorance, cet arriviste parvient au sommet par l'intermédiaire de ses maîtresses et du journalisme. Cinq héroïnes vont tour à tour l'initier aux mystères du métier, aux secrets de la mondanité et lui assurer la réussite qu'il espère. Dans cette société parisienne en pleine expansion capitaliste et coloniale, que Maupassant dénonce avec force parce qu'il la connaît bien, les femmes éduquent, conseillent, œuvrent dans l'ombre. La presse, la politique, la finance s'entremêlent. Mais derrière les combines politiques et financières, l'érotisme intéressé, la mort est là qui veille, et avec elle, l'angoisse que chacun porte au fond de lui-même.




MON AVIS

Classique de la littérature, j'avais pu découvrir en 3ème Boule de Suif qui avait été une très belle lecture. Guy de Maupassant était ainsi resté dans un coin de mon esprit. En parallèle, dans un courant similaire au Naturalisme, Emile Zola est arrivé avec le Réalisme. Une fracture s'est faite à ce moment-là. Au Bonheur des Dames a été une lecture passionnante, bien que parfois longue, mais L'Assommoir, a été assommante compliquée, me coupant de ce genre littéraire. 

Un des mes objectifs de 2018 étant de lire plus de littérature classique, à la fois français ou étranger, commencer par Bel-Ami, me semblait une bonne idée. Et je peux dire que je n'ai pas été déçue.

La plume de Maupassant est à la fois empreinte de réalisme et de précision que de poésie. Il possède une maîtrise de la langue française que j'avais encore rarement vu ou du moins ressenti comme telle. Maniant les mots, virevoltant entre descriptions et lyrisme, lire Bel-Ami aura été un véritable plaisir. Un délice pour les yeux, les oreilles et l'esprit.

"Et je cherche le mot de cet obscur problèmedans le ciel noir et vide où flotte un astre blême" (p.171)

Nous sommes quand même sur un niveau de lecture un peu élevé, puisqu'il s'agit d'ancien français, et de vieilles tournures. Pour moi, il a été difficile d'enchaîner les pages. J'ai dû passer 2 à 3 semaines sur ce roman, le lisant de ci, de là. La prouesse de Maupassant est d'exprimer en une seule et unique phrase: une description, un sentiment et une critique.

"Plus nombreuses que leurs frères les clochers, elles dressaient jusque dans la campagne lointaine leurs longues colonnes de briques et soufflaient dans le ciel bleu leur haleine noire de charbon" (p.246)

Pourtant, arrivée à la 2ème partie du roman, au moment où Georges Duroy commence réellement à évoluer et se métamorphoser, je n'ai plus pu le reposer, lisant avidement, pressée de savoir qu'elle serait la résolution de son histoire. 

Le lecteur peut donc suivre Georges Duroy, né d'une famille de paysans en Normandie. La trame, bien connue, suit l'ascension sociale d'un jeune opportuniste, commençant tout en bas de l'échelle pour se hisser encore et toujours plus haut sur cette échelle qui ne semble jamais s'arrêter. 

Georges Duroy est l'anti-héro par excellence. C'est un homme qu'on apprend à aimer lors de ses déboires, voir à le prendre en sympathie pour l'existence un peu misérable qu'il mène. On souhaite qu'il s'en sorte. Et c'est le cas via les idées ingénieuses qu'il développe pour survivre jour après jour. Voire même, vivre. C'est un homme qu'on apprend à détester au fur et à mesure qu'il a recourt à des stratagèmes égoïstes pour son seul profit et son enrichissement personnel.

La force de ce roman est de construire toute la trame sur cette ascension sociale. Le lecteur peut se laisser à penser que la morale tombera à un moment ou à un autre, pour cet homme qui se sert des femmes, du sexe (des scènes tout aussi décadentes que subtiles), et du mariage pour atteindre son but. Sa réussite qui commençait par la chance pure et simple, ne se fonde pas sur le mérite mais sur son opportunisme.

A aucun moment, Georges ne fait preuve de remords, tout à sa quête de richesse et de gloire. Et si le roman de Guy de Maupassant n'offre pas de morale, à l'image de la vie, on ne peut s'empêcher de déceler une douce ironie sur la condition de cet homme. Je n'ai pu m'empêcher de le prendre en pitié. Il n'est qu'un homme arrogant condamné à vivre misérablement, en colère, et se comparant aux autres, ne pouvant se satisfaire de ce qu'il possède déjà.

Bel-Ami est toujours d'actualité. Le monde et la société peuvent bien changer mais pas les désirs des hommes.


Le ↗ : La décadence, la plume, l'histoire, et sa résolution à l'opposée de celle que l'on pourrait imaginer

Le ↘ : Un classique avec un "certain" niveau de lecture



MA NOTE


samedi 10 mars 2018

Elia, la passeuse d'Âmes - Marie Vareille


RÉSUMÉ



Les prophéties ne s'accomplissent que si quelqu'un a le courage de les réaliser.Elia est Passeuse d'Âmes, un être sans émotions. Elle doit exécuter ceux qui sont devenus des poids pour la société: vieux, malades, opposants...Mais un jour elle ne parvient plus à obéir aux ordres et s'enfuit dans la région la plus déshéritée du pays, là où les Passeurs d'Âme sont considérés comme les pires ennemis. Au plus profond d'immense mines à ciel ouvert, Elia découvrira, telle une pépite, une destinée qui la dépasse.






MON AVIS

On m'a offert ce livre pour mon anniversaire il y a presque 1 an maintenant, juste avant que je ne parte à Québec et autant vous dire que je suis partie sans livre physique sur moi pour un départ de 1 an à l'étranger. 

Cette énième dystopie, d'un monde sensé être meilleur pour tous, me semblait un peu réchauffée et plate, ce qu'on nous sert depuis des années depuis l'avènement de Hunger Games au rayon jeunesse. Je tiens à préciser que je n'ai pas accroché à Divergente, livre ou film. Cela ne s'annonçait pas forcément bien.

C'est en fait une très belle surprise. Je n'en attendais pas tant de ce roman et les pages se sont tournées toutes seules pendant les 4h qu'il m'a fallu pour le lire.

On découvre des personnages attachants, chacun à leur manière, et on apprend à s'attacher aux autres. Ceux qui ne sont pas vraiment sympas, qui mentent ou cachent des informations. On  retrouve une jeune fille forte, entêtée et têtue, bad-ass à sa manière sans être l'ultime guerrière qui botte les fesses de tout le monde, bien qu'elle prenne ce chemin également. Mais également des personnages féminins et masculins qui viennent soutenir et aider Elia à leur propre façon. 

Les relations entre les différents personnages sont encore peu évoluées, peu creusées mais qui évitent l'écueil à mon sens du triangle amoureux. 

L'intrigue se met en place petit à petit, laissant des indices par ci par là sur ce que nous pouvons attendre de la suite. J'ai aussi trouvé que certains passages étaient rapides, trop rapides. L'auteure ne s'appesante pas sur les détails pour livrer un récit rythmé, dynamique qui ne laisse pas de répit aux personnages, que ce soit en révélations ou actions. J'ai pourtant envie d'en connaître plus sur son univers. Les petites tranches de littérature, extraits, comptines... avant chaque chapitre nous aide à en savoir un peu plus et complexifie l'intrigue.

Je regrette donc que la mythologie n'est pas été plus développée, notamment les Passeurs d'Âmes. On ne rencontre que Elia et finalement, cela ne constitue pas la pierre angulaire du roman et de l'intrigue. J'attends d'en apprendre plus sur l'univers, les Passeurs d'Âmes et obtenir quelques réponses à certaines questions mystérieuses tournant autour un ou deux personnages bien précis.

J'aime beaucoup la manière donc de la prophétie est traitée. On retrouve souvent le thème de la prophétie dans les romans de fantasy/fantastique, Harry Potter, Eragon etc. pour n'en citer que quelqu'un. Seulement les prophéties sont souvent traitées comme une fatalité que le héro/protagoniste ne peut éviter et doit subir. Il s'agit de sa destinée en quelque sorte. Ces thèmes sont également abordés mais avec plus de laxisme et de lâcher prise. Cet aspect est à mon sens un des plus intéressants: quelque chose ne peut se réaliser à la seule condition d'agir en ce sens. Cela va plus loin que la simple prophétie et parle à chacun d'entre nous.

J'ai hâte de pouvoir lire la suite et d'en savoir plus sur les origines de Elia, son avenir et le reste de se amis.



Le ↗ : Des personnages attachants qui nous réservent encore de bonnes surprises et une French Touch

Le ↘ : Une mythologie balbutiante dont j'attends impatiemment qu'elle soit développée plus en profondeur dans les prochains tomes



MA NOTE



Dans le même univers
[Elia, la Passeuse d'Âmes] Tome 1
[Elia, la Passeuse d'Âmes] Saison Froide

dimanche 4 mars 2018

[Les Rois Maudits] Le Roi de Fer - Maurice Druon






Premier volume du cycle, a pour figure centrale Philippe IV le Bel, roi d'une beauté légendaire qui régnait sur la France en maître absolu. Tout devait s'incliner, plier ou rompre devant l'autorité royale. Mais l'idée nationale logeait dans la tête de ce prince calme et cruel pour qui la raison d'Etat dominait toutes les autres. Sous son règne, la France était grande et les Français malheureux.






MON AVIS
Cette saga épique, qui date déjà des années 50 n'a jamais pris une ride. C'est une véritable découverte pour moi et un régal pour mes oreilles.

On suit le Roi de France, Philippe Le Bel, après les grands procès qui ont condamné et mis un terme à l'Ordre des Templier. Il s'agit d'un Roi de France tout puissant, dur et diablement intelligent qui dirige son royaume et ses sujets d'une main de fer. D'où son surnom du "Roi de Fer" - vous l'aurez compris. 

C'est toute l'histoire de la France de l'époque qui déroule sous nos yeux - ou nos oreilles si comme moi c'est François Berland (et non François Berléans rmmh) qui vous narre l'histoire - les héritiers du royaume de France et d'Angleterre, les complots internes, les quêtes de pouvoir fratricides etc. Une véritable épopée historique où se mêlent faits réels et fiction. 

Les grands de ce monde, les décideurs et les dirigeants ne sont pas seuls, et la plume efficace de Maurice Druon raconte également la vie de ses hommes et de ses femmes du commun qui jouent un rôle dans les grandes décisions et les retournements de situation. Chaque personnage a un but précis et un destin à suivre. Il joue pour lui: accomplir ses rêves, réaliser ses désirs et atteindre les buts fixés. Peu d'actions sont faites par bonté d'âme.

C'est une autopsie et étude de la politique européenne qui est réalisée. C'est captivant, passionnant et envoûtant. Le roman s'écoute avec une facilité déconcertante. La narration de François Berland est parfaite. Le ton et les intonations justes. On est plongé dans le roman historique et il est difficile d'en refaire surface. C'est pour cela que j'ai dévoré les deux premiers tomes et que j'ai hâte de me plonger dans le suivant.

En toute honnêteté, je ne pense pas que j'aurais pu me plonger dans cette histoire en la lisant. L'écoute dure quand même plus de 7h, et lire m'aurait demander plus d'effort, de concentration que ce que j'aurais pu en mettre au moment de cette découverte. L'écoute audio est un format que complète bien le format papier.

Si vous aimé les romans historiques, n'hésitez pas, c'est un pur délice. L'intrigue est juste et parfaite. Les complots sont présents à chaque chapitre. Et malgré leurs défauts apparents, les personnages sont attachants et on ne peut qu'être fébrile à l'idée de savoir s'ils parviendront à leur fin.


Le + : L'histoire, la plume indémodable de l'auteur et la voix efficace de François Berland à la narration
Le - : /


MA NOTE


Dans le même univers
[Les Rois Maudits] Le Roi de Fer
[Les Rois Maudits] La Reine étranglée
[Les Rois Maudits] Les Poisons de la Couronne
[Les Rois Maudits] La Loi des mâles
[Les Rois Maudits] La Louve de France
[Les Rois Maudits] Le Lis et le Lion
[Les Rois Maudits] Quand un roi perd la France