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samedi 5 janvier 2019

[Martin Servaz] Nuit - Bernard Minier




Nuit de tempête en mer du Nord. Secoué par des vents violents, l'hélicoptère dépose Kirsten Nigaard sur la plate-forme pétrolière. L'inspectrice norvégienne enquête sur le meurtre d'une technicienne Cde la base off-shore. 
Un homme manque à l'appel. En fouillant sa cabine, Kirsten découvre une série de photos. Quelques jours plus tard, elle est dans le bureau de Martin Servaz. 
L'absent s'appelle Julian Hirtmann, le tueur retors et insaisissable que le policier poursuit depuis des années. Étrangement, sur plusieurs clichés, Martin Servaz apparaît. Suivi, épié. 
Kirsten lui tend alors une autre photo. Celle d'un enfant. 
Au dos, juste un prénom : GUSTAV
Pour Kirsten et Martin, c'est le début d'un voyage terrifiant. Avec, au bout de la nuit, le plus redoutable des ennemis.



MON AVIS

Cette enquête de Martin Servaz représentait pour moi l'affrontement final entre Martin Servaz et Julian Hirtman. Qui du chien de berger ou loup sanguinaire va l'emporter ?

Je voudrais déjà commencer par la couverture de Nuit de Bernard Minier. Admirez moi la beauté de cette image qui représente tellement bien le côté sombre de l'intrigue, l'aspect oppressant des ombres et le danger qui entoure les protagonistes. Je ne sais pas vous, mais j'ai toujours l'impression de voir le sourire du chat du Cheschire dans l'éclairage froid des phares de voiture. A frissonner.

L'intrigue de base, le retour de Julian Hirtman, est addictif. Adversaire retord, qui possède toujours 3 ou 5 coups d'avance, je me suis demandée ce qu'il réservait à ce pauvre Martin qui en a déjà bien bavé. 

L'arrivée étrange de Kirsten donne aussi le ton: ce roman sera dur et violent. Elle souffle aussi un vent de renouveau. Un nouveau personnage féminin, très différent d'Irène ou de Samira, venant d'un pays d'ailleurs, et surtout très difficile à cerner malgré les passages de son point de vue.

L'histoire est addictive: c'est un véritable page turner. J'ai dévoré ce roman de 600 pages en deux soirées seulement, sans rien sacrifier de mon sommeil. Chaque chapitre apporte son lot de surprises. Des choses que l'on attendait ne se produisent pas et d'autres se produisent.

Le seul bémol, c'est que certains ressorts ont déjà été utilisés et j'ai eu cette impression de déjà vu plusieurs fois dans le roman, ce qui était vraiment regrettable. *je lis peut-être trop de romans policiers et thriller* Cela a un peu gâché ma lecture et je le regrette... l'impression globale de ma lecture en a un peu pâti et j'ai préféré ces romans précédents

Par contre, le mystère est toujours aussi tordu, fort et complexe. L'oppression de la montagne et de la traque d'un serial killer est parfaitement retranscrite. J'adore.

La fin est un peu plus en demie teinte... J'aurais aimé en savoir encore plus sur certains personnages récurrents ou non. J'ai eu un sentiment de déception que je ne pourrais pas plus décrire mais qui vient sans doute des éléments que j'ai pu citer avant.

En bref, une fin correcte pour Martin Servaz et Julian Hirtman, même s'il me semble que Bernard Minier poursuit l'histoire de son enquêteur favori avec d'autres romans.


Le  : Une intrigue bien ficelée et le développement des personnages

Le  : Peut-être un peu long par moment


MA NOTE



Dans la même série
[Martin Servaz] Glacé
[Martin Servaz] Le Cercle
[Martin Servaz] N'éteins pas la lumière
[Martin Servaz] Nuit
[Martin Servaz] Soeurs

lundi 12 novembre 2018

La Disparition de Stéphanie Mailer - Joël Dicker

La disparition de Stephanie Mailer - Joël Dicker

30 juillet 1994. Orphea, petite station balnéaire tranquille des Hamptons dans l'Etat de New York, est bouleversée par un effroyable fait divers : le maire de la ville et sa famille sont assassinés chez eux, ainsi qu'une passante, témoin des meurtres. L'enquête, confiée à la police d'Etat, est menée par un duo de jeunes policiers, Jesse Rosenberg et Derek Scott. Ambitieux et tenaces, ils parviendront à confondre le meurtrier, solides preuves à l'appui, ce qui leur vaudra les louanges de leur hiérarchie et même une décoration. Mais vingt ans plus tard, au début de l'été 2014, une journaliste du nom de Stephanie Mailer affirme à Jesse qu'il s'est trompé de coupable à l'époque. Avant de disparaitre à son tour dans des conditions mystérieuses. Qu'est-il arrivé à Stephanie Mailer ? Qu'a-t-elle découvert ? Et surtout : que s'est-il vraiment passé le soir du 30 juillet 1994 à Orphea ?




MON AVIS

La Disparition de Stéphanie Mailer s'était pour moi l'occasion de renouer avec Joël Dicker. J'avais adoré La Vérité sur l'affaire Harry Québert, même s'il n'allait pas au bout de ses idées, tout comme Les Derniers Jours de nos pères qui m'avait émue et remuée, Le Livre des Baltimore, m'avait laissée plus sceptique.

A sa quatrième de couverture, le pitch de départ rappelle La Vérité sur l'affaire Harry Québert : une petite ville balnéaire des Etats-Unis, un drame d'une autre génération, un mystère de notre époque qui fera resurgir la vérité. De quoi me plaire ! Et je ne fus pas déçue. J'ai retrouvé l'ambiance de L'affaire Harry Québert.

L'intrigue laisse la place au suspense, tout en alliant des personnages attachants. Je ne les ai pas trouvé caricaturaux comme j'ai pu le voir sur Livraddict. Le roman est bien construit et addictif, les pages s'enfilent de manière rapide. Il y a plein de fils directeurs qui rythment l'intrigue avec des ramifications bien différentes, qui vont certainement s'entrecoupé à un certain niveau, que ce soit au niveau de l'enquête ou personnel.

Mais j'ai trouvé qu'il y a avait trop de flashbacks sur le protagoniste principal. Cela sert à mieux le connaître mais ne sert pas forcément le sujet principal.

La conclusion m'a bien plu, contrairement à d'autre, bien qu'assez rapide sur la révélation de la fin. Je me suis sentie menée en bateau tout au long du roman. J'ai douté, puis j'ai été certaine de mes certitudes, puis j'ai douté, et certaine et douteuse... Une preuve de l'intrigue bien construite

Sur la forme, j'ai été gênée par les coquilles présentes... Je ne suis pourtant pas du genre à les voir mais là il y avait carrément des mots manquants ou en trop... apparemment il y avait même eu une erreur de nom sur la révélation de la fin dans un premier temps !

C'est un moment assez agréable que j'ai passé avec les personnages et j'ai aimé l'intrigue policière très familière mais qui globalement fonctionne. Je l'ai trouvé moins bon que La vérité sur l'affaire Harry Québert mais meilleur que Le Livre des Baltimore qui m'avait presque ennuyée.

En bref, pas un chef d'oeuvre mais un bon passe temps. Je maintiens qu'il faut lire Les derniers jours de nos pères et La vérité sur l'affaire Harry Québert


Le ↗ : Une trame similaire à son précédent best-seller

Le  : La facilité de thème, les coquilles



MA NOTE




dimanche 21 octobre 2018

Le Mystère Fulcanelli - Henri Loevenbruck


Un meurtre dans une vieille église de Séville.
Un assassinat dans une bibliothèque parisienne.
Un ancien manuscrit dérobé.
Et voilà que surgit de nouveau le nom du plus mystérieux alchimiste du XXème siècle: Fulcanelli!

Depuis près de cent ans, chercheurs et historiens tentent de découvrir qui se cachait derrière cet énigmatique pseudonyme.
En acceptant de mener l'enquête, Ari Mackenzie, ancien commandant des services secrets, fait une plongée vertigineuse dans les milieux ésotéristes du siècle dernier. Parviendra-t-il à dénouer la plus étonnante intrigue de l'histoire de l'alchimie ?





MON AVIS

Je suis une personne comme ça oui: je commence une trilogie par la fin. Oui, oui ! Il s'agit bien du dernier volume de la saga Ari Mackenzie. Et cela ne m'a absolument pas dérangé ! J'ai bien sûr vite compris qu'il me manquait quelques pièces du puzzle pour vraiment appréhender les relations interpersonnelles entre les personnages mais rien de bien grave pour la bonne compréhension de l'histoire ;)

Je vais commencer par la trame de fond: un meurtre, puis deux meurtres et un mystère qui remonte à près d'un siècle. Qui sont les meurtriers qui ont tué en la France et l'Espagne ? Quel est le rapport avec le célèbre écrivain Fulcanelli, écrivain ésotérique et mystérieux. Telle une chasse au trésor, on se lance dans enquête effrénée et documentée, aux côtés d'anciens flics, pour résoudre ces deux mystères.

Une de mes parties préférées concerne toute la partie explicative de recherches et de déductions sur Fulcanelli et qui se cache réellement sous se pseudo ? Les dossiers prennent un peu de place, coupant le rythme, mais sont très riches et raviront les personnes les plus intéressées. On sent que l'auteur a bossé son sujet à fond et offre ses propres conclusions à son lecteur: un très beau cadeau.

Sinon j'ai trouvé le rythme globalement lent et long. Dans l'ensemble, l'histoire prend du temps pour s'installer. L'action peut parfois un peu tarder, au profit de la mise en place des éléments et des faits historiques.

Bon par contre, la résolution est ultra rapide et tombe comme un cheveu sur la soupe. C'était quasi impossible à deviner. Du coup, j'ai plutôt été déçue par cette fin.

En bref, un thriller sympathique, qui devient réellement passionnant si l'on s'intéresse et souhaite en savoir plus sur l'ésotérisme et plus particulièrement l'ésotérisme moderne. Je lirai les précédents tome à l'occasion.



Le ↗ : L'intrigue historique est captivante...

Le  : ... mais peut casser le rythme et déranger le bon déroulement du roman



MA NOTE



Dans la même série
[Ari Mackenzie] Le rasoir d'Ockham
[Ari Mackenzie] Les cathédrales du vide
[Ari Mackenzie] Le mystère Fulcanelli


samedi 6 octobre 2018

[Saga Adamsberg] L'Homme à l'envers - Fred Vargas





Réintroduire des loups dans le Mercantour, c’était une belle idée. Évidemment, on n’a pas tenu compte de l’opinion des bergers et, quelques mois plus tard, la révolte gronde. Mais est-ce bien un loup qui tue les brebis autour de Saint-Victor ? Les superstitions resurgissent, un bruit se propage : ce n’est pas une bête, c’est un homme, un loup-garou. Lorsque Suzanne est retrouvée égorgée, la rumeur devient certitude : les loups n’agressent pas les hommes. À Paris, devant sa télé, le commissaire Adamsberg guette les nouvelles de la Bête du Mercantour, d’autant plus intrigué qu’il a cru reconnaître Camille sur la place de Saint-Victor...




MON AVIS

En ce moment, fleurissent de tout côté des boîtes à lire, des espaces de lecture etc. tout pour ravir le petit cœur fragile des lecteurs. C'est comme ça que j'ai découvert la bibliothèque participative de ma salle de sport dans lequel on trouve une belle sélection. D'où ma découverte de L'Homme à l'envers de Fred Vargas.

Je connaissais Fred Vargas de loin sans n'avoir jamais rien lu de cette autrice française pourtant réputée. Et hop, je me suis lancée ! 

Un peu perdue au début par rapport à certains personnages qui semblaient se connaître, c'est seulement à la fin que je me suis rendue compte qu'il s'agissait d'un 2nd tome *xD* Mais cela ne gêne pas du tout la compréhension de l'intrigue et de l'histoire.

L'intrigue se fonde sur le mythe du loup-garou - à vous de découvrir comme l'homme à l'envers est lié au loup-garou ;) Le loup est réellement intégré à l'histoire et reprend la place mystique et mythique que nos ancêtres lui conférait : le grand méchant de loup est de retour. Ayez peur et restez bien à l'abri dans vos maisons de briques. C'est un ressort parfait pour une intrigue policière.

Le rythme quant à lui est plutôt lent et mou. Une représentation parfaite de la chaleur et de la torpeur qui se sont abattues dans le Sud de la France pendant la saison meurtrière. Cela ne m'a pas trop dérangée tant l'intrigue est bien menée. Fred Vargas nous tient en haleine et nous mène en bateau. Je ne savais pas où elle voulait m'emmener avant d'arriver aux derniers chapitres.

Le commissaire Adamsberg est pour moi une découverte. Un personnage en or que j'avais envie de chouchouter et surtout de rencontrer pour le comprendre et percer le mystère autour de lui. Le Veilleux est également un personnage incontournable de ce roman, sans lui, pas d'histoire !

Malgré tout cela, je ne me suis pas sentie plus emballée que ça par l'histoire globale, mais je n'arrive pas vraiment à mettre le doigt dessus. Il s'agit plutôt de tous les petits détails accumulés qui font que j'en ressors avec un avis mitigé. Plus la non-addiction ressentie. Ça joue beaucoup !

Des critiques que j'ai pu lire jusqu'à maintenant, il en ressort que ce n'est pas le meilleur de l'autrice, cela me donne envie de découvrir d'autres romans de Fred Vargas. Dans tous les cas, une histoire agréable que je suis heureuse d'avoir pu découvrir. Les boîtes à lire sont de bonnes occasions pour découvrir de nouveaux romans :)


Le  : La mythologie qui crée l'intrigue

Le  : Le rythme lent reproduisant la torpeur de l'été



MA NOTE



Dans la même série
[Adamsberg] L'homme aux cercles bleus
[Adamsberg] L'homme à l'envers
[Adamsberg] Pars vite et reviens tard
[Adamsberg] Sous les vents de Neptune
[Adamsberg] Dans les bois éternels
[Adamsberg] Un lieu incertain
[Adamsberg] L'Armée furieuse
[Adamsberg] Temps glaciaires
[Adamsberg] Quand sort la recluse
[Adamsberg] Coule la Seine

lundi 11 juin 2018

[Les Chevaliers des Highlands] La Vigie - Monica McCarty

La Vigie - Les chevaliers des Highlands - Monica McCarthy



1307. L'Ecosse se déchire dans une guerre de succession sanglante. Membre de la garde d'élite de Robert de Bruce, Arthur Campbell, surnommé la Vigie pour ses talents d'éclaireur, a pour mission d'infiltrer le clan MacDougall afin de préparer l'attaque. L'opération lui plaît d'autant plus qu'il voue une haine féroce à John MacDougall, seigneur de Lorn, l'assassin de son père. Mais au château de Dinstaffnage, il retrouve cette ravissante inconnue à qui il a sauvé la vie un an plus tôt. Cette beauté n'est autre que la fille de John, Anna MacDougall, désormais son ennemie. Et cette fois, il doit causer sa perte....






MON AVIS SUR LA VIGIE de MONICA MCCARTY

Nous voici déjà à la troisième chronique d'une saga de romance historique que j'apprécie beaucoup: Les Chevaliers des Highlands - La Vigie. J'espérais passer un bon moment en compagnie de ce roman et ce fut chose faite.

Dans ce 3ème tome, on retombe sur les mêmes ressors qui ont fait le succès de cette saga: un Highlander, possédant des compétences singulières, au service du prétendant au trône d'Ecosse, qui se retrouve confronter à une charmante jeune femme qui ne le laisse pas indifférent.

Encore une fois nous suivons avec plaisir les deux protagonistes, Sir Arthur Campbell et Anna MacDougall, que tout devrait opposer. Il s'agit d'une histoire à la Roméo & Juliette. Issus de deux familles rivales, tant par leur passé que par leurs idéaux, Arthur soutenant le roi Robert de Bruce, et le père d'Anna le roi Edouard II d'Angleterre. Le petit plus ? Le père de la jeune femme a assassiné le père d'Arthur ! Autrement dit, c'est mal parti pour eux.

Commençons par ce que j'ai préféré: les rebondissements et l'aspect historique. Il est impossible de se dire que l'on s’ennuie avec Monica McCarthy, Arthur et Anna. L'autrice mêle avec doigté événements historiques et fictions pour le plaisir de son lecteur. J'aime beaucoup l'aparté final de l'autrice qui explique certains de ces choix fictifs et redonne le contexte historique.

J'ai apprécié les personnages principaux sans pour autant avoir un coup de cœur. Arthur est un personnage solitaire, renfermé et que j'ai même parfois trouvé froid. Anna, quant à elle, est lumineuse, sociable, courageuse, et comme beaucoup d'héroïne de ce genre, naïve. Leur duo fonctionne plutôt bien puisqu'ils se complètent et s'entraident. Les opposés s'attirent plutôt bien dans cette romance.

D'un autre côté, leur relation n'a pas été plus développée à son maximum. L'attirance physique et charnelle est au rendez-vous au détriment de la partie plus intellectuelle et spirituelle de leur relation.  Il est dommage que celle-ci soit basée la plupart du temps sur ce désir que tout deux ressentent. Arthur passe une grande partie de son temps à la trouver agaçante.

Je me suis trouvée confronter à une histoire classique à la Roméo & Juliette, assez conventionnelle. Il a un secret, elle ne le sait pas, ils ne peuvent pas être ensemble, il la met en garde, mais rien n'y fait... ils se désirent quand même et ne peuvent lutter. Une grande partie du roman se déroule ainsi: oui, non, je l'aime, moi non plus, je ne sais pas, que faire ? etc. Ce qui était un peu agaçant !

La résolution m'a cependant surprise. Au vu de la configuration de l'intrigue, des actions et de la romance, je me demandais comment cela allait se finir, et ne pas être trop déçue par une fin attendue. Au contraire, c'est une fin "historique", logique et bien pensée dans un contexte de guerre.

Je continue très clairement cette saga, d'autant que le prochaine roman reprend les histoires de Lachlan MacRuairi, la Vipère, qui m'a l'air d'être homme tout sauf conventionnel, même pour un Highlander. Décrit comme étant un pirate, prêt à tout, même à vendre sa mère pour s'enrichir, traumatisé par un mariage raté, il me tarde de me plonger dans son aventure !


Le  : Une romance historique toujours ponctuée d'actions et de rebonds

Le  : La romance à la Roméo & Juliette des deux protagonistes que tout oppose



MA NOTE



Dans la même série
[Les chevaliers des Highlands] Le Chef
[Les chevaliers des Highlands] Le Faucon
[Les chevaliers des Highlands] La Vigie
[Les chevaliers des Highlands] La Vipère
[Les chevaliers des Highlands] Le Saint
[Les chevaliers des Highlands] La Recrue
[Les chevaliers des Highlands] Le Chasseur
[Les chevaliers des Highlands] Le Brigand
[Les chevaliers des Highlands] La Flèche
[Les chevaliers des Highlands] Le Frappeur
[Les chevaliers des Highlands] Le Roc
[Les chevaliers des Highlands] Le Spectre
[Les chevaliers des Highlands] The Knight (HS) (VO)

mardi 9 janvier 2018

La Fille du Train - Paula Hawkins



Depuis la banlieue où elle habite, Rachel prend le train deux fois par jour pour aller à Londres. Le 8 h 04 le matin, le 17 h 56 l’après-midi. Chaque jour elle est assise à la même place et chaque jour elle observe, lors d’un arrêt, une jolie maison en contrebas de la voie ferrée. Cette maison, elle la connaît par cœur, elle a même donné un nom à ses occupants qu’elle voit derrière la vitre. Pour elle, ils sont Jason et Jess. Un couple qu’elle imagine parfait, heureux, comme Rachel a pu l’être par le passé avec son mari, avant qu’il ne la trompe, avant qu’il ne la quitte. Rien d’exceptionnel, non, juste un couple qui s’aime. Jusqu’à ce matin où Rachel voit un autre homme que Jason à la fenêtre. Que se passe-t-il ? Jess tromperait-elle son mari ? Rachel, bouleversée de voir ainsi son couple modèle risquer de se désintégrer comme le sien, décide d’en savoir plus sur Jess et Jason. Quelques jours plus tard, c’est avec stupeur qu’elle découvre la photo de Jess à la une des journaux. La jeune femme, de son vrai nom Megan Hipwell, a mystérieusement disparu…





MON AVIS
La 4ème de couverture m'a fortement intriguée. Le roman s'annonçait comme un polar de bon calibre, tortueux à souhait. Ici, on parle de Mme Lambda qui assiste à un fait divers comme un autre. Une Mme Lambda pas si lambda que ça et un fait divers plus si divers quand on creuse la surface.

L'idée est bonne. Paula Hawkins utilise un phénomène que tout le monde fait un jour ou l'autre: étudier la vie de son voisin, essayer de découvrir les secrets de la vie des gens proches de nous et oser croire qu'on peut les percer à jour juste en les observant.

La narratrice de l'histoire, Rachel, est une femme intéressante de part son caractère, sa situation et son passé. Avoir son insight, son ressenti c'est comme regarder à travers un miroir déformant, comment savoir ce qui est vrai de ce qui ne l'est pas, comment distinguer le mensonge de la vérité ? Et Paula Hawkins joue parfaitement sur ce tableau entre illusion et faits réels.

A travers l'histoire de Rachel, c'est aussi un thème que j'ai encore rarement rencontré du point de vue d'un personnage principal: l'alcoolisme et les conséquences que cela peut engendrer dans la vie quotidienne. Bien sûr on peut tous imaginer ce qu'elles sont. Mais cela reste original de le voir aborder sous cet angle afin d'étudier les réactions de l'entourage et de la personne concernée (qui tente d'agir pro-activement sur son état). C'est également le thème de la culpabilité de Rachel qui entre en jeu dans ce roman, ce que j'ai trouvé assez novateur.

Finalement, ici, on suit les points de vue des trois protagonistes féminins: l'ex-femme alcoolique, la nouvelle femme jeune mère au foyer et la disparue. L'auteure construit son roman comme un journal intime de ces femmes, si différentes dont la trame de leur vie vont se rejoindre de la pire des manières.

Les informations tombent au compte goutte et c'est à nous de reconstituer le puzzle. De démêler le vrai du faux. Le roman est bien construit et mène bien son lectorat. C'est un thriller intrigant et emmenant. De ce point de vue là, le succès que le roman a gagné est mérité.

J'aurais également aimé que l'auteure appuie un peu plus sur le côté psychologique de ses personnages. Si c'est le cas avec "Jess", la femme disparue, il m'a manqué certains aspects pour les autres personnages du roman. J'aurais aimé connaître plus en profondeur leurs motivations, notamment au fin mot de l'histoire.

Je dois également dire que j'ai pu deviner la fin dès le début de la deuxième moitié de roman et de ce fait, je m'attendais à une révélation plus grandiose. La fin reste pourtant en adéquation avec le côté "vie quotidienne" et fait divers du roman.

C'est un bon thriller qui mérite d'être lu, mais qui ne m'a pas emportée comme je l'aurais espéré.


Le + : Le thème de l'alcoolisme qui est traité, un point de départ présenté comme "fait divers"
Le - : Le manque de psychologie développée pour certains personnages.


MA NOTE


mercredi 20 décembre 2017

L'homme au complet marron - Agatha Christie






Londres. Un homme se tient au bord du quai du métro. Soudain, il recule et tombe sur les rails. Accident ? Suicide ? La police retrouve dans ses poches un permis de visite pour une maison à louer dans la banlieue de Londres. Le corps d'une inconnue est découvert dans une villa déserte. La villa du Moulin. Coïncidence ? Difficile à admettre ; D'autant qu'en ces deux occasions, un même suspect semble s'être trouvé sur les lieux ; Signalement : grand, bien bâti, bronzé, yeux gris. Autre détail : l'homme porte un complet marron...





MON AVIS

A nouvelle semaine, un nouvel Agatha Christie. Sans rigoler, on pourrait lire un roman d'Agatha Christie par semaine pendant un an, et pourtant voir commencer une nouvelle année.

L'homme au complet marron est un des premiers romans d'Agatha Christie. Ecrit en 1924, on y suit les aventures d'une jeune femme curieuse et passionnée, nommée Anne, impatiente de découvrir le monde. Elle est bien loin de l'idée qu'on pourrait se faire des jeunes femmes venant de réchapper à la Première Guerre Mondiale.

Anne monte ainsi à Londres, et tombe sur un mystère: un homme meurt sous ses yeux et un homme au complet marron est à la fois présent sur cette scène de crime et sur une deuxième un peu plus tard dans la journée. Loin de se laisser démonter, Anne décide de résoudre cette énigme, même si cela revient à voyager à l'autre bout de la terre.

J'ai aimé Anne, son courage, son astuce et surtout son sens de la répartie. La Reine du Crime a su créer un personnage intelligent et déterminé. Elle est loin d'être naïve, alors qu'elle n'avait jamais quittée son village natale auparavant. Elle se fait confiance, suit son instinct et se fie aux indices qu'elle peut découvrir.

A côté d'elle, Agatha Christie, développe des personnages bien différents pour venir supporter Anne dans son aventure. Aucun n'est stéréotypé. C'est une des forces de l'auteure, selon moi. Chacun joue minutieusement le rôle qui lui a été attribué par l'auteure. Par contre, ils vieillissent plutôt mal et certains développements de l'intrigue, concernant les personnages, m'ont paru rapide, précipité et mal amené (notamment l'amourette de Anne).

Cette passion fulgurante, que j'ai déjà pu rencontrer dans d'autres de ces romans me gêne: elle construit des personnages féminins fortes, instruites, passionnée et déterminée qui tombent pourtant irrévocablement amoureuses d'un homme de leur entourage. Agatha Christie, dès les années 20, a su développer des femmes qui sortent des carcans de la société mais qui trouvent un mari à la fin de leurs aventures. Avant-gardiste, je pense pouvoir dire qu'elle l'était, mais cela donne une sorte de "à moitié" qui vieillit mal.

Côté intrigue, Agatha Christie mène le lecteur par le bout du nez du début à la fin. Par des biais scénaristiques et des indices tellement bien cachés que découvrir l'identité du "méchant" revient à l'impossible. On passe de rebondissements en péripéties sans répit, avec une héroïne astucieuse qui peut en découdre.

J'ai donc passé un bon roman en compagnie de ces deux femmes, Anne et Agatha, bien que celui-ci ne soit pas le roman le plus abouti de la romancière.


Le + : Un mystère comme seul Agatha Christie, Reine du Crime, peut en concocter et une furieuse envie de découvrir l'Afrique du Sud
Le - : Des personnages au caractère vieillissant mal


MA NOTE

dimanche 17 septembre 2017

A un fil - Rainbow Rowell





Le mariage de Georgie bat de l’aile, et ça ne date pas d’hier. Pourtant, son mari et elle n’ont pas cessé de s’aimer. Deux jours avant d’aller fêter Noël dans la famille de Neal, sa femme lui annonce qu’elle ne sera pas de la partie. Scénariste pour la télévision, elle doit impérativement rester à Los Angeles pour se consacrer enfin à sa série. Lorsque son mari décide de partir dans le Nebraska seul avec les enfants, Georgie croit avoir tout fichu en l’air… jusqu’au moment où elle découvre un moyen de communiquer avec Neal dans le passé. Ce vieux téléphone jaune à cadran rotatif lui fait faire un bond de quinze ans en arrière ; c’est peut-être l’occasion rêvée pour remettre son couple d’aplomb.





Je me suis lancée dans ce roman alors que j'étais en vacances aux Etats-Unis. Après avoir lu un roman lourd et oppressant, un peu de légèreté s'imposait lors de ces vacances. Aussitôt pensé, aussitôt choisi !

Margaud de la chaîne La-liseuse en avait parlé dans une chronique, notamment suite à sa rencontre avec l'auteure Rainbow Rowell, et la 4ème de couverture m'avait beaucoup plu. C'était une histoire, avec son côté un peu fleur bleue, qui pouvait me plaire. 

Je dois dire que le cadre et le contexte sont plutôt intéressants et intrigants. Un téléphone permettant de passer des appels dans le passé. Mais pas à n'importe qui dans le passé. Son mari, plus jeune, avant même qu'il ne soit le mari de Georgie McCool. Et si toute leur relation pouvait changer grâce à ce vieux téléphone jaune ?

Rainbow Rowell maîtrise complètement la forme du dialogue entre ses personnages puisque une grande partie du roman ne repose et n'avance que sur les conversations des différentes protagonistes, que ce soit à travers un téléphone magique, un téléphone normal ou le face à face. Les non-dits dans ces conversations sont également tout aussi importants, voire même plus puissants que ce qui est dit à haute voix. C'est un format de roman qui change du type que l'on peut rencontrer dans les romances littéraires.

Cependant, les dialogues entre le Neal du passé et la Georgie actuelle m'ont parfois dérangée et souvent exaspérée. Le lecteur se retrouve avec des discours grandiloquents, quelques fois fades, voire niaiseux à base de "je t'aime, moi non plus, marions nous, mais non on ne peut pas" qui loin de faire efficacement avancer l'intrigue, m'ont donné l'impression de patauger dans la semoule. Il manquait de fond à ces lamentations amoureuses. 

Le point positif, malgré cela, c'est que l'on peut voir la relation de Georgie et de Neal sous différents angles: les flash-backs nous en apprennent plus sur leur relation amoureuse de leur jeunesse, nous apprécions leur vie amoureuse actuelle par le regard de Georgie, tout cela mis en perspective par le rapport qui se crée au travers du téléphone jaune entre Georgie et Neal. C'est ainsi que j'ai pu réellement les apprécier, eux, leur famille et l'histoire d'amour qui s'était ainsi créée entre eux, et comment je suis presque tombée amoureuse de Neal, la force tranquille du roman. C'est une jolie histoire d'amour avec une petite touche magique.

Les personnages m'ont plus mais sans plus. Georgie est une femme carriériste, un peu clichée, qui en a presque oublié sa vie de famille. Cet aspect ne m'a pas trop dérangé car il est présenté de manière crédible de la femme/mère qui travaille et qui est passionnée par son métier et se reposant par le même coup sur son mari. Je dois avouer que le fait qu'elle ne puisse joindre son mari et qu'elle ne fasse pas plus d'effort de ce côté là m'a aussi grandement agacée. Que ce soit elle ou Neal ! Même s'il s'agit du fil conducteur de l'histoire... Le développement des personnages comme sa sœur, son associé voire sa mère ou son nouveau mari aurait pu être un plus bienvenu également.

Enfin, à mon sens, il s'agit d'une fin très et trop rapide que j'ai vu venir dès la 10ème page du roman je pense. Une fin qui laisse sur sa faim également, car il n'y a pas de réel dénouement, comme il n'y avait pas eu de réels rebondissements auxquels il était impossible de s'attendre. Finalement, rien n'est résolu. Les protagonistes n'ont pas vraiment évolué ou avancé depuis les premières pages du roman. C'est ce qu'il m'a manqué pour être réellement conquise par ce roman: une fin originale, une prise de position marquée.

Il s'agit quand même d'un roman bien sympathique, avec lequel j'ai passé un moment de détente. Malgré les petits bémols dont je viens de vous faire part, il n'en reste pas moins que je l'ai lu très rapidement avec un petit côté addict, dû notamment à la jolie plume de Rainbow Rowell que je viens de découvrir.
Je me ferai donc un plaisir de découvrir d'autres de ses romans, comme Eleanor & Parks ou FanGirl qui ont fait  un peu plus l'unanimité.


Le + : Une jolie romance addictive, une intrigue de départ attractive
Le - : Un manque de fond pour le développement cohérent des personnages, une fin en suspens


MA NOTE